Créée par : | Statut actuel : | Créée le : | Mis à jour le :
| Titre : | Politique.XML | ||||||||||||||
| Responsabilités : |
|
||||||||||||||
| Publication : |
|
||||||||||||||
| Source : |
|
| Projet : | Cette version a été réalisée en vue des formations RIFAL | ||||||||
| Editorial : |
|
||||||||
| Balisage : | |||||||||
| body | 1 | ||||||||
| article | 1 | ||||||||
| Langues : | |||
| Français | fr | fr | |
Le premier phénomène est celui de l'emprunt anarchique. Il ne s'agit plus d'une introduction ordonnée de termes en rapport avec celle de réalités nouvelles (comme la technologie par exemple), mais d'un remplacement pur et simple de mots de la vie quotidienne par ceux d'une autre langue : " endividu, veyikul, mezon, sièj" ; à la place de " moun, machin, kay, chèz".
Le deuxième, en rapport avec le premier, concerne l'inhibition de tout le processus de régénération de la langue par la destruction de ses mécanismes de créativité lexicale dont l'un des plus puissants demeure la métaphorisation : exemples : mango falfann, tèt-mato (créole); pineapple, strawberry (anglais); pomme de terre, gendarme (français).
Le troisième touche à la syntaxe de la langue, c'est-à-dire les règles d'organisation des mots entre eux pour constituer un énoncé. Exemple :
"individu arme a te apreyande par lapolis" "pwofesè a bay twòp devwa difisil a elèv yo"La linguistique, discipline scientifique de description et d'analyse des langues, nous apprend que la syntaxe constitue la charpente de la langue. Et quand, en plus du blocage des mécanismes de créativité lexicale, elle se trouve attaquée, il y a de sérieuses raisons de s'inquiéter.
Les années 70 ont vu l'arrivée d'un nouveau tournant dans le combat pour l'avancement des langues créoles.
Du nombre de facteurs sous-jacents à ce phénomène l'on peut retenir une plus grande prise de conscience -- au plan international, mais également dans l'espace spécifique à chacune -- de l'importance de ces langues. Ce fait, loin de se produire isolément, s'est plutôt révélé comme un élément intégré dans une mouvance plus globale.
Tout d'abord, l'effervescence contestataire de 68 a été le point culminant au plan international d'une vaste remise en question socio-politique1. Sur le plan scientifique on a enregistré des avancées considérables des Sciences Humaines dont principalement la Linguistique (avec la systématisation du courant structuraliste), l'anthropologie, la psychologie etc.
Dans le domaine des Sciences du Langage l'un des axes méthodologiques introduits dans le cadre des nouvelles avancées scientifiques à travers le structuralisme a consisté à aborder l'analyse de la langue de manière spécifique "en elle-même, par elle même et pour elle-même". Il s'est agi d'une rupture d'avec le courant précédent, la philologie, la grammaire comparée, dont la charpente méthodologique reposait sur la filiation des langues et la démarche comparative.
Ainsi engoncée dans le carcan millénaire de l'idéologie de la verticalité et de la hiérarchisation (langue sacrée versus langue non sacrée, langue de civilisation versus langue de non civilisation, langue noble versus langue vulgaire etc.), une langue créole ne pouvait-elle être appréhendée qu'à travers le prisme d'une autre langue dite de "grande culture" ayant participé à son élaboration: le français, l'anglais, le hollandais etc. On parlait de créoles français, anglais, hollandais etc.
S'est dégagée, dans cette vaste dynamique de renouveau socio-politique et scientifique, une nouvelle compréhension du développement selon une dimension moins mécaniste et orientée davantage vers l'apport incontournable des ressources humaines (avec une autre approche de la formation), le rôle de l'individu dans sa propre participation à son développement et une nouvelle conception du bien-être de ce dernier qui ne devait plus dès lors se mesurer à la seule aune de la production de biens.
Et le corollaire obligé de cette vaste remise en question socio-politique et de ces nouvelles orientations a été, au plan idéologique, super structurel, la valorisation des langues et des cultures dont certaines, spécifiquement du Tiers-Monde, ont été jusqu'alors minorées ou tout simplement ignorées.
L'on peut retenir dans le cadre de cette dynamique l'intérêt pour les langues considérées dès lors comme nationales des pays d'Afrique et la mise en place notamment au CNRS, et dans d'autres universités d'Europe et d'Amérique, d'un véritable chantier pour les travaux de description de ces langues.
Dans le champ qui nous concerne spécifiquement ici, celui des langues créoles, l'on a assisté dans sa dynamique à un foisonnement d'activités sans précédent.
Un premier fait à retenir inédit dans la trajectoire de la mouvance des langues créoles: l'émergence d'un groupe important de linguistes natifs. Fait qu'il faut évidemment saisir comme corollaire à la fois de la remise en question socio-politique au plan international, et des avancées au plan scientifique de disciplines comme l'anthropologie et la linguistique. Ces deux facteurs ayant entraîné une reconnaissance des langues et des cultures des pays du Tiers-Monde, donc des peuples créolophones.
Cette dynamique allait être renforcée à la même époque par l'émergence concomitante de jeunes linguistes non originaires de pays créolophones, dont le créole n'était pas la langue maternelle. Formés techniquement dans le cadre des dernières avancées scientifiques notamment en linguistique, en anthropologie, leurs démarches et leurs travaux se sont trouvés naturellement convergents par rapport à ceux des linguistes natifs.
Il faut signaler à cet égard qu'il y a eu, bien sûr, précédemment à cette période, des travaux réalisés sur les langues créoles par des linguistes dont le créole était la langue maternelle (Elodie Jourdain, Suzanne Comhaire-Sylvain, Pradel Pompilus etc.). Mais le contexte des années 70 et le nombre de linguistes natifs de différents pays créolophones (Dominique, Guadeloupe, Guyane, Jamaïque, Haïti, Martinique, Maurice, Réunion, Seychelles, Ste-Lucie, Surinam etc.) doublé de linguistes créoles non natifs ont assuré au mouvement une nouvelle dynamique plus forte et plus cohérente
Le Colloque de Nice suivi de celui des Seychelles engagea le mouvement, également nouveau quant à sa systématicité et à sa régularité, de l'organisation de rencontres scientifiques.
[NOTE: 8]Phénomène qui s'accompagna de son double: la production foisonnante de travaux de description scientifique des langues créoles et de documents d'illustration: charte, textes littéraires (roman, poésie, conte), textes didactiques etc.
Plus spécifiquement, l'un des outils fondamentaux à l'avancement de ces langues, l'orthographe, allait être systématisé et standardisé. A partir de travaux convergents, dans leurs soubassements théoriques, du laboratoire de créole de l'Université René Descartes (Paris V), du GEREC, de la Faculté de Linguistique Appliquée de l'Université d'Etat d'Haïti, l'on aboutit à un système orthographique cohérent. Système avec des faits d'application différents en fonction des particularités de chacune des langues créoles mais unique et standard dans les principes qui lui sont sous-jacents
Un autre produit de la vaste remise en question internationale a été la prise en compte de la nécessité d'instaurer une nouvelle école. Une nouvelle approche, plus humaine, du développement impliquait un système éducatif dans ses rapports avec les langues et les cultures des pays concernés.
Des classes expérimentales utilisant le créole ont été mises en place dans plusieurs pays créolophones dont la Martinique, la Guadeloupe. Dans le cas d'Haïti et des Seychelles cette expérience s'est réalisée dans un cadre plus élargi, celui d'une réforme éducative nationale assurée par l'Etat.
Toutes ces démarches assurées dans le cadre de l'école entraînèrent la diffusion, la standardisation et la fixation de l'orthographe. Dans le cas d'Haïti et des Seychelles l'orthographe a été officialisée.
D'autres démarches à un plan politique ont contribué par ailleurs à conférer un statut aux langues créoles. L'on peut retenir, entre autres, la constitution d'Haïti qui en 1987 a fait du créole une langue officielle au même titre que le français. Plus récemment en 2001 il y a eu les décisions du gouvernement français concernant le CAPES créole.
Ces acquis (officialisation de l'orthographe puis de la langue, introduction formelle à l'école, CAPES etc.) correspondant à des décisions administratives donc politiques doivent être appréciés à leur juste valeur, c'est-à-dire comme des conquêtes. En effet il ne faut pas perdre de vue que ces décisions ont émané du pouvoir, de l'Etat. Or, on le sait, et la situation sociolinguistique le dit, le pouvoir est en symbiose avec les couches scolarisées francisante ou anglicisantes, puisque contrôlées par elles. Force donc est de reconnaître le travail collectif redynamisé avec plus de vigueur et plus de cohérence dans une synergie internationale à partir de l'émergence dans les années 70 des jeunes linguistes natifs et non natifs qui ont engagé le combat pour l'avancement des langues créoles. Combat mené sur tous les plans:
Liste des stations de Radio basées à Port-au-Prince
N.B. : Dix de ces stations sont relayées à travers les principales villes de la province
Nombre d'heures d'antenne : 445186heures
Période : mars 1998 à mars 2001
| Nombre d'heures d'antenne | Pourcentage par Langue | |
| Emission en créole | 125977h54mn | 28,29% |
| Emission en français | 98984h37mn | 22,23% |
| Emission en anglais | 8405h37mn | 1,88% |
| Emission en espagnol | 5837h20 | 1,31% |
| Emission en créole et en français (à parts égales) | 8100h10mn | 1,82% |
| Emission en créole et en français (à dominante française) | 32132h13mn | 7,21% |
| Emission en créole et en français (à dominante créole) | 14281h53mn | 3,20% |
| Emission parfois en français parfois en créole | 7632h44mn | 1,71% |
| Emission en français, en créole et en anglais | 794hres | 0,17% |
| Emission sans animation | 138319h42mn | 31,07% |
| Emission en français et en anglais (à parts égales) | 3251hres | 0,73% |
| Emission en français et en anglais (à dominante anglaise) | 143hres | 0,03 |
| Emission parfois en français parfois en anglais | 1716hres | 0,38% |
| Emission en français, en anglais et en créole | 1421hres | 0,31% |